Télétravail à l'étranger : quels frais votre entreprise peut-elle prendre en charge ?
Octobre 2026 - Le télétravail entraîne des coûts tant pour le salarié que pour l'employeur. Mais lorsque vous dirigez une équipe internationale, vous devez composer avec différentes réglementations fiscales. En effet, la Belgique, les Pays-Bas, la France et l'Allemagne appliquent chacun leurs propres montants, conditions et exonérations.
Belgique : forfait pour les frais fixes
En Belgique, un employeur peut accorder une indemnité forfaitaire de télétravail aux salariés qui travaillent régulièrement depuis leur domicile. Concrètement, cela signifie au moins, en moyenne, une journée complète par semaine, deux demi-journées par semaine ou une semaine complète par mois.
Pour 2026, le forfait maximal s'élève à 160,99 euros par mois. Ce montant est considéré comme une indemnité couvrant les frais propres à l'employeur et est exonéré d'impôts et de cotisations sociales sous certaines conditions.
À cela s'ajoutent quelques indemnités spécifiques :
20 euros par mois pour l'utilisation d'une connexion Internet privée
20 euros par mois pour l'utilisation de son propre ordinateur et de ses périphériques
10 euros par mois en cas d'utilisation exclusive de périphériques privés
L'indemnité mensuelle de télétravail couvre notamment les frais liés à l'espace de travail, aux charges et aux fournitures de bureau. Pour certains achats, l'employeur peut en outre rembourser les frais réels. Pensez à une chaise de bureau, un bureau, une lampe, un clavier ou une souris. C'est possible si, en tant qu'employeur, vous mettez également ces équipements à disposition sur le lieu de travail habituel.
Pays-Bas : indemnité par jour de télétravail
Les Pays-Bas optent pour un autre système. En 2026, les employeurs pourront verser une indemnité non imposable de 2,45 euros par jour de télétravail. Ce régime est indépendant des éventuelles indemnités non imposables versées au titre des équipements informatiques.
Les frais d'accès à Internet peuvent également être remboursés. Cela peut éventuellement être calculé au prorata du nombre de jours pendant lesquels le salarié travaille à domicile. Dans le cas d'un abonnement combiné comprenant l'Internet, la téléphonie et la télévision, seule la partie relative à la connexion Internet doit être prise en compte.
Il existe par ailleurs une exonération pour les dispositions dites « relatives à la santé et à la sécurité au travail ». Il s'agit d'équipements destinés à améliorer la sécurité et l'ergonomie du poste de travail à domicile, tels qu'une chaise de bureau ergonomique, un repose-pieds ou des lunettes pour écran.
Les Pays-Bas font en outre la distinction entre un simple espace de travail à domicile et un lieu de travail officiel. Ce dernier doit notamment disposer d'une entrée indépendante et de sanitaires, et être effectivement utilisé à des fins professionnelles. Lorsque les conditions sont remplies, certains équipements présents sur ce lieu de travail peuvent bénéficier d'une évaluation fiscale nulle.
France : l'enregistrement est indispensable
La France applique elle aussi une indemnité forfaitaire pour le télétravail. Pour 2026, un montant maximal de 2,70 euros par jour de télétravail peut être accordé en exonération d'impôt. Pour les salariés qui travaillent systématiquement à 100 % à domicile, cela représente un montant maximal de 59,40 euros par mois.
Une convention collective sectorielle ou un accord interprofessionnel peut, sous certaines conditions, entraîner une augmentation du montant mensuel exonéré, pouvant aller jusqu'à 72,60 euros.
En tant qu'employeur, vous devez en outre tenir un registre précis des jours de télétravail. Cette indemnité ne peut pas être cumulée sans autre forme de procès avec certaines autres indemnités journalières ou de déplacement. L'utilisation professionnelle de son propre matériel informatique peut également faire l'objet d'un remboursement. Pour les abonnements à tarif forfaitaire, un montant maximal de 55,20 euros par mois peut être accordé à cet effet. Cette indemnité ne peut toutefois pas s'ajouter à l'indemnité forfaitaire pour le télétravail lorsque celle-ci couvre déjà l'utilisation des équipements informatiques privés.
Allemagne : moins de marge de manœuvre pour une indemnité forfaitaire de télétravail
L'Allemagne adopte une approche beaucoup plus prudente. Il n'existe actuellement aucune indemnité générale exonérée d'impôt pour le télétravail.
Pour l'utilisation professionnelle d'une ligne téléphonique personnelle, il existe toutefois une possibilité de remboursement forfaitaire. Dans ce cadre, 20 % des frais d'abonnement peuvent être remboursés, dans la limite de 20 euros par mois.
Les frais d'Internet peuvent également être remboursés, mais ce remboursement est en principe imposable. Sous certaines conditions, l'employeur peut choisir de payer lui-même un impôt forfaitaire de 25 %, ce qui exonère le salarié de l'impôt et des cotisations sociales sur cet avantage.
Une seule politique de télétravail pour quatre pays ?
Pour une entreprise dont les salariés sont répartis dans différents pays, il n'est donc pas évident de mettre en place un régime unique. Même lorsque les salariés effectuent un travail similaire et travaillent autant de jours à domicile, les conséquences fiscales peuvent varier.
Une politique internationale en matière de télétravail doit donc notamment prendre en compte les aspects suivants :
le pays dans lequel le salarié travaille
le nombre de jours de télétravail
les outils informatiques utilisés
les frais d'Internet et de téléphone
l'aménagement du poste de travail à domicile
les conditions d'octroi des indemnités forfaitaires
Un montant pouvant être versé en Belgique sans être imposé n'est pas automatiquement aussi avantageux aux Pays-Bas, en France ou en Allemagne. Pour les PME employant des travailleurs frontaliers, disposant de succursales à l'étranger ou dont certains collaborateurs travaillent de manière structurelle depuis l'étranger, il est donc judicieux de tenir compte des réglementations locales lors de l'élaboration de leur politique de télétravail.
