Plus de PME que jamais, mais un esprit d'entreprise sous pression

Plus de PME que jamais, mais un esprit d'entreprise sous pression

Avril 2026 - La Belgique compte aujourd'hui plus de PME que jamais. Il y avait 1,37 million de PME en activité en 2024. Ce record confirme que l'esprit d'entreprise est toujours bien vivant dans notre pays. Mais il y a aussi de moins bonnes nouvelles : la croissance ralentit, de plus en plus d'entreprises démissionnent et les réserves financières de nombreuses PME sont sous pression. C'est ce qui ressort du nouveau rapport sur les PME 2025 établi par UNIZO, GraydonCreditsafe et l'UCM.

C'est en Flandre que le nombre de PME reste le plus élevé, celles-ci représentant plus de la moitié de toutes les entreprises en Belgique. Mais la croissance des nouvelles entreprises est plus lente qu'il y a quelques années. Alors que le nombre de PME augmentait encore de plus de 3 % en 2020 et 2021, ce taux est aujourd'hui d'environ 1,6 %. Dans le même temps, de plus en plus d'entreprises cessent leurs activités : plus de 101 000 PME cesseront leurs activités d'ici 2024, dont plus de 11 000 feront faillite.

Cela indique une tension évidente dans l'environnement des entreprises. De nouvelles entreprises continuent d'émerger, mais il est de plus en plus difficile de les développer durablement.

Les petits employeurs disparaissent

L'une des tendances notables est l'évolution du paysage commercial. Le nombre de travailleurs indépendants augmente, de même que le nombre de PME de plus grande taille. Mais les entreprises comptant de un à quatre employés sont de plus en plus nombreuses à disparaître.

Pour de nombreux entrepreneurs, le passage au statut d'employeur s'avère de plus en plus difficile. L'augmentation du coût du travail, la complexité des réglementations et les obligations administratives rendent plus difficile l'embauche de personnel. En conséquence, de nombreux entrepreneurs choisissent de continuer à travailler seuls ou de retarder leur croissance.

Cette situation est problématique pour l'économie, car les PME à forte croissance ont traditionnellement été un moteur essentiel de la création d'emplois.

Les tampons s'épuisent

Outre les défis structurels, de nombreuses entreprises sont également confrontées à une situation financière plus fragile. Ces dernières années, les PME ont été confrontées à une succession de chocs : d'abord la pandémie, puis la crise énergétique et la hausse des prix des matières premières. De nombreuses entreprises ont utilisé leurs réserves pour combler ces périodes ou pour continuer à réaliser les investissements nécessaires.

Aujourd'hui, il apparaît que dans de nombreux cas, ces tampons se sont considérablement réduits. Une proportion importante de PME aurait du mal à faire face à un nouveau choc économique. En Flandre, environ 1 PME sur 17 présente un risque accru de faillite ; à Bruxelles, la proportion est même d'environ 1 sur 10.

L'esprit d'entreprise est devenu plus coûteux

La structure des coûts des entreprises a également changé de manière structurelle au cours des dernières années. Les salaires ont augmenté de près de 20 % entre 2022 et 2025. Les prix de l'énergie sont toujours plus élevés qu'avant la crise énergétique, et le financement est également devenu plus coûteux en raison de la hausse des taux d'intérêt.

Pour les entrepreneurs, cela signifie moins de marge pour constituer des réserves ou faire de nouveaux investissements. De nombreux chefs d'entreprise constatent également que leurs clients eux-mêmes sont plus attentifs au prix, ce qui rend les hausses de prix plus difficiles à répercuter.

En conséquence, l'esprit d'entreprise est de moins en moins une affaire de travail acharné. Elle devient également de plus en plus une question de calcul précis, de contrôle des coûts et de gestion stratégique des risques.